Le 9 février 1326, Eudes IV reçoit sa belle-mère Jeanne, veuve du roi Philippe V le Long, descendue du trône de France. Dix ans plus tard, le roi de France, Philippe VI de Valois, s'arrête à Talant où sont organisées des fêtes brillantes en son honneur. Cette halte vient à point car la route entreprise par le roi de France pour aller demander une trêve auprès du pape, dans la guerre opposant Français et Anglais est harassante. Eudes IV est emporté par la peste noire en 1349, laissant la Bourgogne désolée par la guerre civile. Jeanne de Boulogne, sa bru, mère du jeune Philippe de Rouvres, épouse le futur roi de France Jean Le Bon à qui elle transfert le bail du duché et la tutelle de son fils. Devenue reine de France en 1350, elle fait armer le château de Talant face aux périls croissants qui le menacent.
Au temps des privilèges et de la prospérité A la guerre civile succède l'invasion anglaise. La Bourgogne sépare alors ses intérêts de la France et signe un traité avec l'Angleterre. En 1360, Philippe de Rouvres ayant atteint sa majorité prend en main l'administration du duché. Il confirme les privilèges des "Talantins". Il décède un an plus tard en novembre 1361. Le roi de France, Jean II le Bon, son plus proche parent, se déclare héritier et attache le duché à la couronne de France. En décembre 1361, lors d'une visite au château de Talant, il confirme les privilèges de la ville, comme l'avaient fait jusqu'alors tous ses prédécesseurs. Le 6 septembre 1363, il concède le duché à son quatrième fils, Philippe le Hardi, duc de Touraine. A l'exemple de son père, celui-ci confirme les privilèges de la ville par un acte solennel signé en 1370. Philippe le Hardi s'engage également à supprimer l'impôt sur le sel (la gabelle). Le 23 septembre 1373, la duchesse Marguerite de Flandres, qui gouvernait en l'absence de Philippe son époux, s'installe avec toute sa suite à Talant. Le séjour de la Cour de Bourgogne est source de prospérité pour le bourg qui se développe et prend une certaine importance économique. En 1376, la ville compte 134 feux (environ 700 âmes). Des changeurs lombards (banquiers) s'installent dans la commune, ce qui prouve sa prospérité. Jean Sans Peur, fils de Philippe le Hardi, considérait le château de Talant comme "le plus beau, le plus seigneurial et l'une des clefs de son duché". En 1396, rentrant de croisade, il rapporte en trophée, la Vierge de Saint Luc et l'offre à Talant. La toile est exposée dans l'église Notre-Dame. Le 11 février 1421, le duc Philippe le Bon, fils de Jean Sans Peur, reçoit la couronne ducale. Il donne aux habitants de Talant les lettres confirmatives de leurs privilèges et prescrit la construction de deux nouvelles tours qui viennent renforcer la ceinture de la ville. En 1430, l'évêque de Langres vient consacrer l'église Notre-Dame. Une place imprenable La puissance de la forteresse de Talant est telle qu'en 1434, Isabelle de Portugal, épouse de Philippe le Bon s'enferme à Talant avec son fils Charles (qui deviendra plus tard le Téméraire), afin de se protéger des Ecorcheurs (soldats licenciés devenus bandits) qui menacent alors Dijon. Sous Charles le Téméraire, la Chambre des Comptes du duché s'installe pendant cinq mois dans l'enceinte du château de Talant pour s'éloigner de Dijon, infesté par la peste de 1466. En 1477, le duché de Bourgogne entre dans le domaine royal, Louis XI ayant confisqué son domaine à la fille du Téméraire (mort depuis peu), Marie de Bourgogne. Charles VIII en 1494, Louis XII en 1501, tout comme François 1er en 1524, tous, confirment les privilèges des habitants de Talant. Mort d'une forteresse La ville de Talant sort peu à peu du domaine politique et semble perdre de son influence jusqu'au règne d'Henri III qui souhaite y renforcer sa garnison. C'est sous la Ligue que se joue le destin de Talant. En 1585, les partisans des Guise s'emparent par ruse de la forteresse et en 1594, les canons des remparts de Talant tirent sur Henri IV qui marche sur les Ligueurs de Dijon. Après la bataille de Fontaine Française, le roi reçoit les châteaux de Dijon et Talant. Les royalistes réclament la destruction de la forteresse. En juillet 1598, adjudication est faite de la destruction du château et des remparts de la ville. En six mois, le travail est achevé et Talant n'est plus qu'un simple village. En perdant son enceinte et sa forteresse Talant perd également ses privilèges de ville. Au XVIII ème siècle et jusqu'à la Révolution, la vie s'écoule sans événement notable. En 1790, Talant est une simple commune du canton de Plombières. Jusqu'en 1870, la ville n'a plus d'histoire. En janvier 1871, de violents combats opposent l'armée prussienne et l'armée française de l'Est, commandée par le général Bourbaki qu'accompagnaient les volontaires de Garibaldi. Talant est alors un point stratégique. Il est glorieusement défendu. Un monument situé sur la RN 71, à hauteur de Daix, commémore ce fait d'armes.
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