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La Mise au Tombeau (grande mise au Tombeau) Les trésors de Notre-Dame



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C'est une mise au tombeau du début du XVI ème siècle certainement, mais de facture très proche de la statuaire bourguignonne du XV ème siècle. Elle est considérée comme une des oeuvres régionales les plus remarquables en la matière. Sans être attribuée à un sculpteur renommé, elle est certainement due à un artiste de cette école bourguignonne, encore peu influencée par l'Italie, (du style d'Antoine le Moiturier ?). Moins fine que celle située vers les fonds baptismaux, elle est par là même plus émouvante dans la puissance contenue qu'elle révèle. Un détail significatif : au Moyen-Age, on ne sculpte que ce qui se verra. Si on regarde bien, seuls les personnages du premier plan sont sculptés en pied. Les restes de polychromie, puisqu'alors toutes les statues étaient peintes de couleurs vives, permettent d'imaginer son aspect initial. Composée de sept personnages autour du Christ, visages expressifs, nez souligné, yeux bombés en amande, cette mise au tombeau est typique de l'école bourguignonne. A gauche Nicodème - son turban a glissé dans l'effort - plisse les yeux en s'arc-boutant pour tenir le linceul et poser délicatement le Christ. Avec Joseph d'Arimathie, il retient le linceul car le corps du Christ est prêt à rouler sur le côté. Il a enfilé un pan de sa tunique dans sa ceinture pour être plus à l'aise et dégage son pied botté. Tous ces détails "vrais" sont typiques du naturalisme bourguignon. A droite Joseph d'Arimathie, qualifié de riche (ne prête-t-il pas un tombeau neuf ?), est donc richement vêtu : il porte un pourpoint festonné ; son turban est plus soigné, ses cheveux et sa barbe soigneusement taillés et fournis. A l'arrière, les femmes et Jean. Au centre Marie. A sa droite, deux femmes, un vase à parfum en main, la tête couverte d'un voile. Leur douleur est retenue, elles semblent accepter la fatalité. Il s'agit probablement de Marie, mère de Jacques (le cousin de Jésus), et de Salomé. Entre elle et Marie, Jean a une attitude un peu mélodramatique. Il se tourne vers Marie comme pour se faire consoler (contrairement à l'iconographie habituelle). Son visage est imberbe, suivant la tradition. Marie, au centre, visage fermé, porte des vêtements de veuve semblables à ceux des religieuses. Le réalisme de la sculpture sacrifie certainement la beauté des traits des différents personnages mais souligne au contraire leur authenticité. Authentique aussi, le Corps du Christ. Il est presque traité de façon anatomique : c'est un cadavre que l'artiste a représenté.